2017, année politique

Écrit par Jonathan Biteau

Cette année aura été marquée par une révolution inédite sous la Ve République : les deux grands partis, de droite et de gauche, étaient absents du second tour de l’élection présidentielle, pour le résultat que l’on sait. Dans la foulée, les élections législatives donnaient une majorité au Président de la République, déjouant tous les pronostics et confirmant ainsi deux qualités essentielles de la Constitution de 1958 : sa stabilité et son adaptabilité. 

 

Après cette révolution, vient le temps de la recomposition. Clairement, notre classe politique lot-et-garonnaise n’a pas encore intégré la nouvelle donne électorale. Lors des dernières élections sénatoriales, Christine Bonfanti et Jean Pierre Moga ont été élus, et bien élus. Ils ont fait campagne commune, partageaient le même bulletin de vote et le même programme. Pourtant, arrivés au Palais du Luxembourg, Christine Bonfanti a rejoint le groupe d’opposition des Républicains et Jean Pierre Moga l’Union Centriste au sein de la majorité présidentielle. Aucun commentaire n’a fait mention de cette situation pour le moins paradoxale. Qui n’est plus en phase avec le nouveau paysage politique national, les groupes parlementaires du Sénat ou les grands électeurs lot-et-garonnais ? 

En écrivant ces lignes, je précise évidemment ne pas remettre en cause le résultat de ces élections et je souhaite le meilleur à nos deux sénateurs. J’adresse une mention particulière pour le centriste Tonneinquais Jean Pierre Moga qui renoue avec une tradition séculaire puisque le dernier maire de Tonneins à avoir été sénateur était Jean Galup, de 1914 à 1920.

 

Dans ces conditions, et après plusieurs revers électoraux au niveau local pour En Marche (Corse, Orthez et Saint Rémy des Chevreuse), il serait irresponsable de ne pas essayer de se rassembler autour d’un projet commun. L’axe progressiste, qui va des socio-démocrates à la droite constructive, en passant par le Centre, doit se fédérer pour exister et constituer une alternative crédible. Pour ce faire, nous avons lancé en Lot-et-Garonne l’association Confluences 47 (voir Confluences47 ) pour incarner ce rassemblement. J’en mesure déjà les difficultés car il est beaucoup plus facile en politique de s’affronter que de se réunir. Naïf celui qui croit l’inverse. Cependant, à ceux qui me parlent de leadership, je réponds collectif, à ceux qui évoquent une hiérarchie, je réponds coordination et enfin à ceux qui me disent que cela ne marchera pas, je réponds pourquoi pas.

 

Notre responsabilité est de proposer un nouvel horizon. Nos chapelles sont certes confortables, mais ensemble nous pouvons bâtir une cathédrale. Il est de notre devoir d’essayer. Notre territoire est déclassé et continue avec une constance horlogère de sombrer parmi les plus précarisés, malgré ses richesses. Je rappelle que le Conseil Départemental de Lot-et-Garonne a été classé par la Chambre régionale des comptes parmi les 6 départements les plus mal gérés de France. Cette collectivité, sous tutelle pour sa mauvaise gestion, n’exerce réellement plus qu’une seule compétence : la communication. Ce qu’elle fait de mieux d’ailleurs. Pour plus de détails sur le rapport de la Chambre régionale des comptes, lire l’excellente chronique de Bernard Lusset : Chronique Bernard Lusset

 

Pour terminer cette chronique j’en viens à la racine de mon engagement, mon militantisme au Modem. Les circonstances locales ne nous ont malheureusement pas permis de procéder aux élections à la présidence de notre mouvement en Lot-et-Garonne. Je le regrette profondément et je fais confiance à nos instances nationales pour régler la situation conformément à nos statuts et le plus rapidement possible. Malgré tout, j’ai eu la chance d’être élu conseiller national, une première victoire ! Je suis donc à présent le seul représentant lot-et-garonnais au sein de notre « parlement » national. Certains pourraient considérer cette fonction comme un hochet servant à flatter les égos, je le prends au contraire comme une responsabilité et une marque de reconnaissance quant à mon engagement militant. Je ne suis pas de ceux qui prêchent la mort des partis, je suis persuadé qu’ils doivent à présent se réinventer.

Enfin, cette année politique s’est pour moi achevée avec notre Congrès national à Paris. Outre la qualité des échanges et des intervenants, je retiens le discours particulièrement marquant du Premier Ministre (voir Discours Edouard Philippe ). Edouard Philippe a d’abord rappelé, avec humour, cette citation de François Bayrou à propos d’Emmanuel Macron : « J’ai semé, il a récolté ». Il a ensuite salué le travail de nos parlementaires « exigeants en privé et solidaires en public ». Il a conclu avec l’impérieuse nécessité de rassemblement entre toutes les composantes de la majorité présidentielle, un enjeu qui m’anime tout spécialement localement. À ceux qui le critiquent, il répète cette phrase : « Et pendant ce temps-là, nous avançons ». Je retiens ses mots.

Jonathan B.