Guidel 2018: alliés et indépendants

Écrit par Jonathan Biteau

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Les Universités de rentrée du Mouvement Démocrate se déroulent chaque année à Guidel dans le Morbihan, au mois de septembre. Pour ceux qui connaissent le lieu, la célèbre phrase de Jacques Chirac « C’est beau mais c’est loin ! » est tout à fait appropriée. Cette fois, le trajet a pris des airs de colonie de vacances avec un voyage en van pour les 7 studieux centristes lot-et-garonnais présents : Xavier Marcos, Xavier Mars, Gérard Goussiès, Sandy Gimbre, François Bonneau, Jean Dionis (notre dernière recrue du mercato !) et l’auteur de ces lignes. Michel Dréano nous a également rejoints sur place. Qu’ils soient remerciés ici pour les moments de partage, de débat, de rigolade et de franche camaraderie que nous avons vécus ensemble. Bloqués à Nantes par des bouchons, nous sommes arrivés trop tard pour l’ouverture des travaux par Jean-Yves Le Drian ( voir JYLeDrian )  Après un copieux dîner, nous avons écouté Ghaleb Bencheikh, physicien et théologien musulman. Son discours, d’une érudition exceptionnelle, a délivré un message d’une sagesse et d’une tolérance que l’on entend trop peu et qui doit être encouragé pour la construction d’un véritable Islam de France. Sa définition de la laïcité : « c’est la loi qui garantit le libre exercice de la foi, aussi longtemps que la foi ne prétend pas dicter la loi » ( voir GBencheikh ). Un message fort sur lequel nous décidons de méditer assez tardivement. Certains, dont moi, finissent au bord de la plage à contempler l’océan. La lune est belle, le temps est doux, on refait le monde. Moment rare.


Le réveil est difficile le lendemain matin et je ne citerai pas ici le nom du camarade ronfleur qui a contrarié mon sommeil. Je démarre la matinée avec le Conseil National de notre mouvement. François Bayrou confirme notre logique et indispensable union avec En Marche pour les élections européennes et il évoque les futures municipales : « elles commencent aujourd’hui. Il faut une stratégie - nous l’aurons - et des ressources humaines ». Ce message résonne. La matinée se poursuit avec des ateliers et débats sur l’avenir de l’Union européenne. Nous sommes tous frappés par les inquiétudes des intervenants, élus et analystes. Le Brexit dans l’impasse, la montée des nationalismes (en Hongrie, Italie, Autriche, Allemagne et Scandinavie), la crise migratoire et les pressions géopolitiques (Donald Trump, Vladimir Poutine, Recep Tayip Erdogan…) dressent le constat d’une Europe assiégée, à ses frontières et en son cœur. Dans ce chaos, les futures élections européennes de mai prochain s’annoncent comme la mère des batailles pour l’avenir de notre continent (Voir  HorizonEurope ).

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Après un déjeuner rapide, c’est Jean-Michel Blanquer qui démarre l’après-midi. Il m’avait déjà fait une excellente impression l’an passé. Cette année, il expose sa logique de priorité à l’enseignement élémentaire pour les postes et de pouvoir d’achat des professeurs dans le secondaire. Un choix qu’il explique clairement et avec transparence ( Voir JMBlanquer ). Il est suivi par Jérôme Fourquet d’Ipsos qui nous livre le sondage suivant pour les Européennes : LREM/Modem : 20 % FN : 17 % LR : 15 % France Insoumise : 14% Verts :7,5 % PS:6 %. Les enjeux sont posés, le match va commencer ( voir ipsos ). Enfin, Jacqueline Gourault et Geneviève Darrieussecq, nos deux ministres, dialoguent directement avec les militants. Ces moments sont toujours précieux et le lien est direct entre nous et nos membres du Gouvernement ( voir JGGD ).

Le dîner m’offre une chance rare, celle de dîner avec notre député Richard Ramos et ses proches. Il est spécialiste des questions agricoles, d’alimentation et il s’est fait remarquer par un discours intransigeant face aux lobbys. Je découvre un homme passionné et passionnant qui ne pratique pas la langue de bois. Sans aucun doute les raisons de sa popularité. J’espère que nous le recevrons prochainement en Lot-et-Garonne pour échanger sur ces thématiques. La soirée de samedi est plutôt calme ensuite, et vient compenser les excès de la veille. Mon camarade de chambrée ronfle toujours autant, une décision s’impose : je prendrai le lit le plus éloigné du sien l’an prochain ! 

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Le dimanche matin voit la succession des discours de clôture : Yann Wehrling délivre un message qui me touche sur la fin nécessaire du nucléaire (  YWehrling ). Puis, vient Marc Fesneau, notre président de groupe qui a brillé lors de l’élection au perchoir. Sa côte à l’applaudimètre ne se dément pas et c’est mérité ( MFesneau ). Ensuite, Marielle de Sarnez rappelle notre mission essentielle, nous les démocrates, pour affronter les démagogues européens ( MdeSarnez ). Christophe Castaner, secrétaire d’Etat, délégué d’En Marche, prend alors la parole pour une allocution attendue. Une seule phrase suffit à nous réconforter : « LREM et le Modem auraient dû mieux travailler ensemble. LREM a pu faire preuve d’arrogance ». La clameur lui prouve que nous avions besoin de ces mots d’apaisement et il nous en remercie. C’était très bien venu de sa part et cela nous rassure ( CCastaner ). Nous sommes alliés de la République en Marche et indépendants, nous sommes loyaux et exigeants, nous sommes fidèles et responsables.

Enfin, François Bayrou conclut ces Universités par son traditionnel discours. Impossible de résumer sa pensée en plusieurs lignes. Je retiens quelques images fortes, notamment celle de « l’ancien monde politique qui est devant ce changement intervenu en 2017 comme la poule devant un couteau ». Le Président du MoDem appelle par ailleurs Emmanuel Macron à ne pas craindre les contre-pouvoirs, comme la presse et le Sénat, et à sortir de l’Elysée pour faire œuvre de pédagogie et expliquer son projet, son cap, sa vision. Il invite également le Président de la République à ne pas céder aux penchants jacobinistes et à faire confiance aux collectivités territoriales. Un grand élu Agenais à mes côtés approuve bruyamment. Après une digression sur l’ours, François Bayrou conclut comme il sait le faire en disant que la loi de la France doit être la loi du plus juste et non celle du plus fort (  FBayrou ). Il est déjà temps de repartir et nous rejoignons le minibus. Sur le parking, le maire de Pau vient nous saluer, il est contrarié : la Section Paloise perd face au Stade Français. Dans le Sud Ouest, il y a tout de même des fondamentaux.

Jonathan B.