Vœux 2019: l’année des idées !

Après les fêtes vient le temps des vœux où l’on se souhaite le meilleur pour l’année à venir. Ce rituel est aussi l’occasion de revenir sur l’année écoulée et de se projeter vers l’avenir. Si l’on regarde dans le rétroviseur, le fait marquant de 2018, et qui se poursuit encore aujourd’hui, aura été la mobilisation des gilets jaunes. Je ne me suis pas exprimé publiquement sur le sujet jusqu’à présent. Je suis allé à leur rencontre devant la trésorerie de Tonneins, discrètement et sans renfort de communication. Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur ce mouvement. Je n’ai pas trouvé de meilleure analyse que celle de notre philosophe lot-et-garonnais, Michel Serres, qui décrit parfaitement la fracture territoriale et la rupture du sentiment de représentation vis-à-vis des politiques à l’origine des gilets jaunes. Lire : LaDépêche/MichelSerres

Je partage aussi son inquiétude et son incertitude sur l’issue de cette crise. J’émets le vœu que nous sortions de ce conflit pacifiquement et intelligemment.

À l’échelle locale, l’année tonneinquaise 2018 m’a paru similaire aux précédentes avec un marqueur constant: celui d’un déclin continu. La légende raconte que l’orchestre du Titanic a joué sur le pont durant le naufrage, il me semble l’entendre parfois en bords de Garonne.

On me reprochera peut-être un excès de pessimisme. Rentrons dans le détail. Du côté du verre à moitié vide : la fermeture de nombreux commerces en centre-ville (plusieurs ont d’ailleurs migré vers Casteljaloux), aucune arrivée de nouvelle enseigne quand de grandes chaînes de commerce ou de restauration s’installent à Marmande et à Casteljaloux. Aucun projet structurant n’est en cours sur la ville, le dernier en date étant l’édification de la Manoque avec Jean-Pierre Moga. Un outil formidable devenu une coquille vide aujourd’hui.

Le glas de ce manque d’attractivité criant aura été sonné par le journal Sud Ouest en décembre qui a fermé son agence tonneinquaise et n’a plus de journaliste professionnel sur notre ville. La question n’est pas ici de remettre en cause le travail des correspondants de presse qui ont pris le relais et qui sont de qualité. Ils ne peuvent tout simplement pas faire à temps partiel ce que faisait un journaliste professionnel à temps complet. Le résultat est simple : Sud Ouest compte 3 à 4 fois moins d’informations sur Tonneins. C’est autant d’espace en moins pour les événements de nos associations, pour la communication des acteurs publics et aussi pour les actualités des entrepreneurs locaux. Le piéton tonneinquais, chroniqueur au jour le jour de la vie locale dans Sud Ouest, n’y a pas survécu et a disparu, corps et âme. Tonneins a dorénavant le traitement médiatique quotidien d’un village. Or, Tonneins n’est pas un village mais la 5e ville du Lot-et-Garonne avec une histoire, un patrimoine et des atouts exceptionnels : son attractivité et son rayonnement actuels ne sont tout simplement pas à la hauteur de ses richesses et de son potentiel.

Du côté du verre à moitié plein, il faut souligner de belles initiatives sur la ville, notamment associatives. Le nouvel IME pour enfants handicapés de Solincité quartier Jules Ferry, l’essor du tourisme fluvial sur Garonne grâce à l’association AMI, la rénovation complète du foyer René Bonnet de l’APF et la naissance de l’association des Acteurs Économiques Tonneinquais qui a démarré son activité tambour battant avec une superbe vitrine de Noël et de nombreux projets à venir. 

Preuve en est que les forces vives et les bonnes volontés existent à Tonneins ! Il manque cependant un cap précis et une réelle coordination pour donner la cohérence à un véritable projet de Ville qui fait cruellement défaut. Il y a d’abord des carences et des déficiences dont il faudra s’occuper dans le domaine de l’emploi, de la formation, ainsi qu’au niveau économique et social, sans oublier l’existence d’un réel sentiment d’insécurité (malgré les caméras de vidéosurveillance). Le chemin est encore long pour Tonneins avant de retrouver son attractivité d’antan. Pourtant, les solutions existent : l’activité touristique, une identité culturelle forte, un centre-ville attrayant, l’éducation, les ressources énergétiques etc. Enfin, la question des grands projets structurants, comme la Manufacture et l’échangeur autoroutier, est incontournable et se pose sérieusement pour l’avenir de Tonneins.

Avant cela, 2019 sera sans nul doute une année record dans le coupage de rubans d’inauguration, les discours dithyrambiques et les slogans grandiloquents, année pré-électorale oblige. Ce genre de comédie humaine nourrit également le climat de défiance de la population vis-à-vis des élus. Qui peut encore être dupe ? Ce qui n’a pas été fait en 5 ans ne sera pas rattrapé en 12 mois, évidemment. À ceux qui en douteraient, je conseillerais la relecture de la fable du lièvre et de la tortue, de La Fontaine.

Pour ma part, je vous propose pour l’année à venir de prendre du recul, de faire un pas de côté et de réfléchir, tout simplement. Que 2019 puisse être une année de débat, d’échange et de dialogue. Qu’enfin, on arrête de s’attaquer uniquement aux conséquences pour traiter les causes des problèmes. Que la vérité prenne le pas sur la propagande, que l’imagination l’emporte sur la mauvaise foi. Que 2019 soit l’année des idées !

Pour conclure, je sais que certaines personnes s’interrogent sur mon engagement pour les futures élections municipales. À mon sens, il faut 3 éléments pour une telle candidature : une tête de liste rassembleuse, une bonne équipe et un programme ambitieux. Je travaille quotidiennement à la réunion de ces trois éléments pour proposer une alternative crédible aux Tonneinquaises et aux Tonneinquais en mars 2020. Est-ce que j’y parviendrai ? Je l’espère grâce à vous tous, à votre soutien et à vos propositions qui viendront enrichir ce projet. Je vous annoncerai donc en juin prochain si notre équipe est en mesure de présenter une liste et un programme pour les futures élections municipales.

D’ici là, que 2019 vous comble de joie et de bonheur et que cette année soit propice à vos vœux les plus chers et à vos plus belles idées !

Jonathan Biteau