Le combat de notre génération

Écrit par Jonathan Biteau

Le cinéma Rex organisait pour la rentrée la diffusion du film « Irrintzina » qui relate la mobilisation  citoyenne face au changement climatique. Invités par les militants tonneinquais, nous y sommes allés en trio avec Henia Khamissi et Gentiane Breuil. J’ai une relation particulière avec les associations environnementales. Partageant la vie d’une militante de cette « génération climat » comme le film les appelle, j’ai été souvent témoin, parfois acteur, de la naissance de ces mouvements et de ces initiatives alternatives. Qu’ils s’appellent Alternatiba, Anv-Cop 21, Extinction Rebellion, Colibris, les Amis de la Terre (et bien d’autres), tous ces collectifs ont en commun la volonté d’alerter l’opinion sur l’urgence climatique et de proposer des alternatives soutenables à notre mode de vie contemporain.

Lors de cette séance au cinéma, plusieurs mondes se sont rencontrés le temps d’un soir, symbolisant bien la complexité de notre époque. D’abord la culture, qui souffre terriblement en ce moment avec l’annulation continue des événements jusqu’à la fin de l’année au moins. Jean-Claude Veniel, président de l’association qui gère le Rex, a évoqué une baisse de fréquentation pour 2020 de plus de 80%. Comment continuer l’activité dans ces conditions pour le premier vecteur d’accès à la culture ? Un plan de soutien exceptionnel au monde de la culture, comme il y en a eu un pour les entreprises doit être mis en œuvre. Depuis 1895 qu’il y a un cinéma à Tonneins, deux guerres mondiales n’avaient pas réussi à stopper son activité. Un virus plus petit qu’un millième de millimètre y est parvenu pendant plus de deux mois. Cela doit nous alerter sur l’extrême interdépendance dans laquelle les humains vivent sur terre. Avec la globalisation, ce qui se passe sur un marché fermier d’une lointaine province chinoise peut demain paralyser nos sociétés.

On en arrive logiquement au sujet de la soirée : l’urgence climatique et la mobilisation de centaine de milliers de personnes à travers le pays : Florian, Frédérique, Maëtitia, Louise-Anne, David, Marielle et bien d’autres… « Penser global et agir local », selon le mot d’Edgar Morin. Ces militants du climat ont compris avant nous que nos actions quotidiennes conditionnent l’avenir des générations futures. Dans quel monde voulons-nous que nos enfants vivent ? Cette question représente le combat de notre génération. Merci à tous ceux qui le mènent depuis des années avec conviction, désintéressement et résolution.